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Puissance et grâce du feu !
Le regarder mordre à pleines dents le bois qui, tout d’abord résiste, fait le mort, l’indifférent, puis s’enflamme avec une passion digne de Don Juan.
Et le feu danse, scandant ses mouvements de crépitements stridents.
Il se pavane, fait le beau conscient de son charisme.
Et il tourne, s’élève et se baisse au gré de sa fantaisie.
Pour fasciner davantage et maintenir l’attention,
il se prend pour un caméléon,
nous faisant miroiter la gamme de ses couleurs charmeuses.
Mais, semblable au célèbre séducteur, sa passion est éphémère et destructrice.
Lorsqu’il se calme, il ne reste que braises rougeoyantes, saignantes !
Soufflez sur la plaie et elle se ravivera, bruyante mais joyeuse et appliquée comme un tortionnaire sadique.
Lorsque les premières flammes se seront taries, le bois nous rappellera que tout n’est que fumée.
Des volutes blanchâtres tourbillonneront en ascensionnant vers le ciel.
Le reste de la matière redeviendra poussière.